Production par Biz et Snou (Batlam) d’une maquette de rap
expérimental, intitulée Koubraüss, au studio Avatar de
Québec.
Étant donné le désistement des musiciens conviés
au studio, la maquette contient quatre raps, réalisés
exclusivement à partir de sons buccaux (hormis le zipper de DJ Jacket).
Convaincus d’avoir en main le rap de demain, Biz et Snou
déchantent rapidement et constatent que leurs tubes vieillissent
à vitesse grand V. Seul Chafiik reconnaîtra les parcelles de
création pure de l’œuvre.
Été 1996
Celui qui deviendra plus tard Chafiik rencontre quelqu'un qui connait
Snou.
Automne 1996
Première apparition publique des Locos Loquaces avec la prestation de
Snou et Biz aux Hocquets de la culture au bar le Mardi Gras à
Québec.
Automne 1997
Le futur Chafiik se procure un échantillonneur.
Suite au conseil d’un ami commun, Michel « Mitch
Maître-es-Match » Savard, Snou et Biz prennent contact avec Le
Honze (qui deviendra Chafiik en novembre ’98 ).
Dès la première rencontre la chimie est instantanée, et
le désir d’accoucher d’un disque révolutionnaire est
manifeste chez nous trois. On a l'goût.
Première apparition publique du trio.
Ça se passait au Barbar, sur St-Denis, pendant l’entracte du
spectacle de Mes Aïeux (!!!). On avait eu l’aide de Éric
Desranleau (basse) et de Mapi (batterie) ,de Mes Aïeux, et on avait fait
J’ai Mal à Ma Langue et Jeunesse de Chiens (qui incluait un long
bout de l’Opaque Épopée (!!!)).
À cette époque, Chafiik arborait le bonnet néo-phrygien
en position crête de coq, sur une énorme touffe de frisottis
fuligineux.
Présence remarquée de Batlam et Biz à la Nuit de la
poésie organisée par le TNM.
Chafiik, qui doit honorer d’autres contrats, manque sa première
chance de mettre du beat dans une soirée de poésie. En plein
Malamalangue, un spectateur outré que la politique envahisse le
poétique, se lève et quitte en arborant bien haut son
majeur. Biz discute avec le mythique Claude Péloquin,l’ auteur de
Lindberg.
« Les Locos Loquaces » changent leur nom pour « Locos
Locass » et, un plus tard, enlèvent le « s » à
Locos.
Malgré une orthographe phonétique simplifiée au
possible, certains profanes prononcent encore Loco Locâââsse,
Loco Lacasse, Lôs Locôss (avec l’accent d’Elvis
Gratton)
Premier spectacle de Loco Locass. Ça se passait au défunt
Liquid, sur Ontario.
Pour pas trop avoir l’air chnu, on avait essayé de pacter la
salle avec les amis de la petite sœur de Chafiik, qui ont tous fini par
jaser dans le fond, derrière le bar.
Ce spectacle avait été organisé uniquement pour pouvoir
fournir aux Francofolies de Montréal un extrait visuel de notre groupe
en action. Biz garde l’affreux souvenir d’avoir été
emmuré dans une bulle de feed-back durant tout le long d’Isabeille
et Biz.
Loco Locass remporte la 3ième position au concours
Révélation Hip-Hop ‘99.
Révélation Hip Hop 99
Printemps 99 on est au Sona
C’est noir de monde et
La foule gronde
C’est bondé comme à Donnaconna
Icitte c’est sérieux
Pas question d’avoir l’air heureux
Chacun fait de son mieux pour arborer son meilleur air de boeuf
Tout le monde se bat pour l’enjeu
Une place sur la compil Révélation Hip Hop 99
Pour nous ça tombe pile : on veut sortir de l’œuf
On est huit ou neuf
Groupes c’est sur à 100% y va y avoir du sang, du sang neuf
C’est plein de rapaces prêts à percer ta carapace
À te cracher dans la face parce que tu les embarrasses
Mais si t’es tenace, ta place y faut que tu la fasses
Au-delà de la masse et malgré la mélasse et les
menaces
C’est la deuxième sortie à vie des Loco
Pour la première fois on est sur la même scène que nos
rivaux locaux
On tente de tendre des ponts entre les rives
Au moins on se prend pas trop le coco,
Mais pour eux on au niveau du caniveau
C’est entendu que c’est rendu tendu
J’ai peur d’aller pisser tout seul
J’ch’us sûr de me faire casser la gueule
Le petit morveux y est nerveux
Y veut pus y aller
Fuck ! Y ont dit loco locass, ok les gars faut qu’on le fasse
Faut pas qu’on perde la face
Sitôt sur la piste
On se coiffe de nos lys
Criss on a rien dit pis déjà les huées nous salissent
« T’as-tu vu les Tintin
On dirait Yves et Martin
Loco Fake Ass !
Coco Lacrasse ! »
Blanco, franco, porteurs de drapeau
Trio de mousquetaires triplement minoritaire
Au parterre on nous voit déjà par terre
On veut nous faire taire
Ça s’envenime et vire en charivari
Jusqu’à ce qu’arrive le MC de la soirée
L’admirable Kra-Z-Noize
A tenu tête aux bad boyz
Comme dans le film d’Eminem
L’haïtien d’ébène
A pris le parti des pris à partis : les petits pur laine
J’t’assure on a sué sang et eau
À transmuer les nuées de huées en Hé Ho !
Notre rap est rentré comme un tracteur
Pis ça a fermé la trappe à nos détracteurs
C’était pas le délire mais c’était pas si
pire
D’autant que c’était la première de L’empire du
pire en pire
Grand merci à tous les concurrents
On a grandement grandis en vous regardant
Vous étiez loin devant mais asteure
On vous distingue à peine dans nos rétroviseurs
À la bonne heure !
Biz
Loco Locass organise sa première « tournée», qui
comprend un spectacle à Dolbeau et deux spectacles à
Québec.
On est parti à quatre avec une van pis nos instruments. Michel Savard
nous accompagnait, jouait de l’harmonica sur une coup’ de tounes,
et c’est son frère qui organisait le show de Dolbeau ( c’est
dull mais c’est beau…).
Snou jouait de la guitare. Et de la basse quand Chaf prenais la guit’
et que Biz s’assoyait à la batterie (!!!) pour une verion lo-fi de
« I Represent Rien Pantoute », qui s’appelait alors «
On Nommera pas de Noms », et qui comprenait seulement le couplet de
Chafiik.
Grâce au 3ème prix du concours Révélation Hip Hop
99, on enregistrait pour la première fois ailleurs que chez Chafiik.
C’est pendant ces sessions que nous croisons Kra-Z-Noize, anciennement
de Shades Of Culture, qui laissera sa marque sur cette chanson avec un
beat-box-buccal de cinq secondes endiablées, et qui deviendra un
collaborateur régulier des Loco. Pendant le mix, Biz écrit son
couplet de I represent rien pantoute.
Entre deux prises de son, lors d’un troisième interurbain avec
son père, Snou change finalement son nom pour Batlam. Il avait
été question de le rebaptiser Chevalier de Lorimier.
Première apparition de Loco Locass aux Francofolies de
Montréal.
Ce fut le premier de quatre étés consécutifs sur les
planches des Francofolies.
Ce fut le chant de cygne de Biz à la batterie, congédié
sans appel par un Chafiik excédé par la nonchalance des baguettes
du MC.
25 Décembre 1999 à 6h du matin
…
Loco Locass termine Manifestif, un premier album autoproduit par Les
Productions Diphtongue.
Loco Locass rassemble les musiciens qui les accompagneront dans leurs
spectacles.
Il s’agit de Jean-Philippe « Djip » Pelletier à la
basse, Jean-Sébastien « Jeance » Nicol à la batterie
et aux échantillons, Charles A. Imbeau Tromblon à la trompette,
la tambourine, et aux claviers occasionnels, ainsi que Bilbo André,
à la guitare.
Loco Locass remporte le concours de la relève musicale Les
Francouvertes.
À la vue de la foule entonnant Marcel Galarneau d’un seul
souffle, nous étions convaincu que tout était déjà
joué et que Loco ne ferait que de la figuration en finale. Les
Cowboys, qui avaient caracolés en tête pendant toute la durée du concours,
étaient vraiment très rassembleurs... Pour essayer "d'accoter" ce bulldozer de
chaleur, nous avons eu l'idée d'incorporer un jam de tam-tams à notre numéro de
rapoésie ... jam qui, aux dernières nouvelles, faisait toujours partie de
"l'orde de toast" des Locass.
Le Jeudi d’Or
Notre humble galette, Manifestif (que nous considérions encore comme
un démo), se retrouvant « Disque de la Semaine »
simultanément dans les deux hebdos culturels francophones de
Montréal, nous conviâmes nos troupes à bivouaquer dans une
taverne branchée pour regarder le temps se figer en descendant des
pintes de blanches, le sourire (béat) aux lèvres…
Nous pensions alors que de recevoir une coup’ de bonnes critiques
était une fin en soi.
Loco Locass lance le recueil des textes de l’album Manifestif, aux
Éditions Coronet Liv.
Nous cherchions un préfacier d’envergure. À la lecture
des textes et malgré nos musiques, Pierre Falardeau répond
à l’appel. Son brûlot chaleureux, supplante haut-la-main le
texte de l’éminent linguiste wallon Alain Thernes.
30 ans, jour pour jour, après la crise d'octobre, Loco Locass relance
Manifestif sur Étiquette Audiogram.
Nouvelle pochette, nouveau mastering, plus l’apparition de Nacer Fouad
Taïbi, en arabe, sur Sheila ch’us là.
Loco Locass est ému d'apprendre qu'il fait la Une du
légendaire journal Voir.
Devant nos bettes exaltées, nous baptisons le tableau : Le mouton, le
chameau et la mouche.
Première officielle du spectacle de Loco Locass, au Club Soda. Mille
personnes y assistent.
La rumeur s'était déja propagée à l'effet que
notre groupe avait quelque chose de bon à proposer. De sorte qu'une
demi-heure avant le show la salle était déja pleine à
craquer, et le murmure géant de la foule se transformait
régulièrement en cris d'euphorie.
Deux minutes avant le début du spectacle, on est tout les sept
derrière le rideau à se préparer, et on entend notre
montage musical qui en arrive à sa dernière plage. C'est le gros
classique pompeux de Prokofiev qui signale à notre éclairagiste
de baisser la lumière de la salle : LA FOULE RUGIT ...
Nous nous regardons tous avec des yeux ahuris. Le trac monte d'un cran. Les
accords (encore Prokofiev) de L'Assaut commencent. Les rideaux s'ouvrent. Nous
sommes encore dos au public. On se retourne tous les trois sur "Le char
d'assaut Locoooo" et PAF!!! ...
Cette vision incroyable de constater que Loco Locass a enfin un public.
Devant tant de fans, Biz plie les genoux. Il mettra trois tounes avant de
retrouver son aplomb et de lancer avec enthousiasme : Mais d’où
est-ce que vous sortez !?
Après le deuxième rappel, ayant épuisé tout le
répertoire, Batlam lance, paraphrasant quelque chose comme un grand
homme d’État : Si je vous ai bien compris, vous êtes en
train de nous dire, à la prochaine fois.
Loco Locass remporte deux trophées MIMI : Meilleur album (Manifestif)
et meilleure chanson (Sheila, ch’us là ).
Discutant avec Muzion en coulisse, Biz rate la première remise de
prix.
Loco traverse l’Atlantique pour la première fois.
Profitant d’un des nombreux prix des Francouvertes (dont un baril de
bière jamais réclamé ) Loco s’envole pour la France.
Merci à l’O.F.Q.J.
À Paris, sur l’Île St-Louis, le trio fait la connaissance
de la logeuse Madame Gueudet. Cette rencontre est déterminante. Par son
accueil chaleureux, son parquet et ses vitraux du 16ième, la
fidèle compagne de l’abbé Tâtefrite s’impose
comme la figure de proue du voyage.
L’équipe de tournage de Multi-Mondes, qui nous suivait depuis
déjà un certain temps, profite de l’occaze pour aller se la
couler douce à Paris. Là-bas nous nous sommes produit dans trois
des « spectacles » les plus koubraüss de notre jeune
carrière. Un boui-boui québecois près de la Contrescarpe,
une salle vide de la Cité U, et surtout à l’Hôtel de
ville de Paris où nous fûmes introduit par nul autre que le maire
Bertrand Delanoë.
Devant un parterre de cravates indifférentes, Loco tente de divertir
l’assemblée, préoccupée par le buffet (au demeurant
excellent). En dernier recours, les rappeurs décident
d’écoeurer le ministre canadien de la Francophonie (et ancien
serveur au restaurant des Communes) Don Boudria. Excédé par les
scratchs du général De Gaulle, le petit homme quittera la place
furtivement, en compagnie de l’ambassadeur canadien à Paris.
Participation au spectacle de la Fête Nationale au parc
Maisonneuve.
Loco attendait beaucoup de cette fête mythique. La sensation
surréaliste d’apparaître devant un océan bleu et
blanc était aussi impressionnante que jouissive. Dispersé entre
Bruno Pelletier (très convivial et généreux) et Daniel
Lavoie, appuyé par des musiciens erratiques, affrontant un parterre de
chaises longues hostile à la fougue hip-hop, Loco Locass n’a pas
eu l’impact espéré. À la réécoute
d’un enregistrement pirate, il est apparu que la réappropriation
de la Manikoutai avec Marie-Jo Thériault était quand même
satisfaisante.
Interprétation de la chanson Malamalangue dans le cadre du spectacle
d’ouverture des Jeux de la Francophonie, à Ottawa.
La scène c’était un terrain de football avec 100
figurants, des échassiers, des chevaux, des autos, des danseurs, nos
musiciens qui « lip-synch » comme des beaux épouvantails, le
micro de Biz qui marche pas, en direct à la télé, devant
Sheila Copps… Une de nos pires expérience mais compensée
par les partys à l’hôtel, avec É.
Lapointe…
Biz se souviendra éternellement de la dernière soirée
à l’hôtel, où des djembés en furie ont fait
dansé des centaines d’artistes et de techniciens
jusqu’à tôt le matin, devant un É. Lapointe
fasciné.
Été 2001
Loco Locass remporte le prix Félix-Leclerc, remis dans le cadre des
Francofolies de Montréal.
Ça nous permettait d’aller en France avec tout le groupe.
Loco Locass remporte deux Félix : Meilleur album hip-hop (Manifestif)
et meilleure sonorisation de spectacle (Marc Saint-Laurent).
Nous fûmes également en nomination pour meilleur groupe,
meilleur scripteur de spectacle (!!!) et meilleur metteur en scène de
spectacle (!!!).
Automne 2001
Loco Locass est porte-parole pour l’édition 2002 du concours de
la relève musicale Les Francouvertes..
Hiver 2002
Le guitariste Bilbo André, pour des raisons mystérieuses,
quitte le groupe. Il est remplacé par Alexis "Plex" Messier (de
Kaliroots).
Interprétation musclée de la chanson "I Represent Rien
Pantoute", durant le Gala des Jutra 2002.
On était là grâce au film L'Ange de Goudron, dans lequel
on pouvait entendre notre chanson. Ce fut la dernière prestation de
Bilbo avec nous. Et de Naïla, chanteuse qui faisait souvent la partie
féminine sur "Represent". C'est ce soir-là qu'on a
rencontré Falardeau, qui s’est ostiné avec Denis Chouinard
autour du buffet.
Entre deux sandwichs, c’est avec une émotion puérile que
Biz a félicité Rémi Girard pour son interprétation
dans l’extraordinaire Déclin de l’empire
américain.
Interprétation de la chanson Le Grand Rio aux funérailles
nationales du peintre Jean-Paul Riopelle.
Émotions fulgurantes. L’impression surnaturelle de rendre
hommage à un Titan qu’on a jamais rencontré ailleurs que
dans ses œuvres. Dehors, d’immenses flocons virevoltent comme
autant d’oies blanches.
Printemps 2002
Loco Locass re-tourne en France (Paris-Lyon-La Meige).
Loco Locass termine la tournée Manifestif avec le spectacle Le party
de Loco Locass, présenté à guichet fermé aux
Francofolies de Montréal.
Si on ajoute les 30 percussionistes et les 13 autres invités
spéciaux aux 7 de base d’un show des Loco, on obtient le total
quasi-symphonique de 50 MUSICIENS IMPLIQUÉS dans ce spectacle.
Loco Locass lance Super Mario
Devant l’inquiétante montée de l’ADQ dans les
sondages les rappeurs enregistrent un brûlot dénonçant la
droite adroite. Ils distribuent eux-mêmes sous le manteau la chanson en
pleine campagne électorale.
La stratégie a tellement bien fonctionné que l’ADQ
n’a fait élire que quatre députés. Pendant ce temps,
les Libéraux, le vrai péril de l’élection, se
faufilaient au pouvoir. Mea culpa…
Juin 2003
Loco Locass lance le cédérom interactif In vivo.
Automne 2003
Lors du concours de la communication interactive Boomerang, le
cédérom Interactif In Vivo remporte le premier prix dans la
catégorie Cédérom éducatif/divertissement.
Hiver 2004
Le cédérom interactif In Vivo remporte deux prix au New York
interactive festivals : médaille d’or dans la catégorie
Divertissement grand public et médaille de bronze dans la
catégorie Meilleure conception d’interface.
Printemps 2004
Dans un élan spontané, Loco Locass rassemble un groupe de
citoyens (dont plusieurs sont connus du public) et organise lui-même une
conférence de presse pour faire front commun et dénoncer
l’incendie criminel de la bibliothèque d’une école
juive de Montréal.
Automne 2004
Loco Locass est porte-parole de l’édition 2005 du concours de
la relève musicale Les Francouvertes.
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